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Bienvenue sur le site contributif EAT-AATF

L'enchevêtrement des compétences est le point crucial de la réflexion engagée pour la réforme des collectivités territoriales.
L'objectif de la rationalisation de l'action publique locale, pour une plus grande efficacité au service de nos concitoyens et une meilleure maîtrise de la dépense publique, se décline sous plusieurs angles : portée des compétences et spécialisation, subsidiarité, fiscalité et autonomie financière, amélioration de la décentralisation et partenariat Etat-collectivités territoriales, rôle des intercommunalités, rôle des collectivités dans l'UE. 
Il présente les enjeux et débats du chantier pour la réforme des collectivités territoriales aujourd'hui engagée par le gouvernement.
Sur ces différents enjeux, nous avons voulu poser les termes du débat et les questions qui nous paraissaient essentielles afin que les cadres dirigeants des collectivités territoriales puissent apporter leur point de vue et enrichir le débat.
Les administrateurs territoriaux seront au coeur de la réorganisation territoriale.
L'actualité de la réforme, les prises de position, les débats seront mis en ligne régulièrement pour vous permettre de participer en ligne.
 
QUI SOMMES-NOUS ?
Les élèves administrateurs de la promotion Galilée :
Gwenola MARTIN, Olivier MARGOUET (animation, relations AATF et gestion du blog)
Groupes thématiques : Alan BECU, Aurélien TURC, Belkacem MEHADDI, Catherine de ROMEMONT, Damien AUGIAS, Laurent GONZALEZ, Ludovic LAMY, Matthieu BARBIER, Nathalie PARE, Olivier NICOLI, Patrice CALLET, Romain ROGUET.

Les élèves administrateurs de la promotion Aimé Césaire :
Cédric HARDY, Jean-Michel LECOQ (animation, relations AATF et gestion du blog)

lundi 31 août 2009

Intérim dans la FPT : un dialogue Paul et Mick®

Paul et Mick® sont administrateurs territoriaux. Ils sont les Brett Sinclair et Dany Wilde de la territoriale (rappelez vous du générique de la Série « Amicalement votre »): forts de leurs parcours personnels, ils abordent le management territorial avec des approches différentes et néanmoins complémentaires.

Paul : Ça y est la nouvelle loi sur la mobilité a été votée et publiée au JO.

Mick : Oui et Eccopower m’a d’ores et déjà appelé, pour savoir si j’avais besoin d’intérimaires. Ils ont vu l’article 10 qui ouvre « la possibilité pour les employeurs publics de confier des missions d’intérim à des salariés d’entreprises de travail temporaire».

Paul : Des intérimaires dans la FPT ?

Mick : Et pourquoi pas ? la FPH le pratique depuis des années. C’est plus de rapidité pour répondre à des besoins conjoncturels ; on va pouvoir aider des chômeurs à faire leurs preuves ; avoir un vrai statut pour les intérimaires avec des conditions financières adaptées. Paul : En parlant de « statut », tu penses pas que c’est un coup de canif de plus dans notre STATUT. On banalise le recours à des salariés de droit privé ; on ajoute de la précarité. Et puis, va voir notre collègue DRH, la F.P.T dispose déjà d’outils juridiques moins chers et d’un savoir faire dans les domaines de recrutement…

Et puis, notre agence d’intérim, on l’a déjà ; elle s’appelle le Centre de gestion ! D’ailleurs le texte indique que le recours à l’intérim ne sera possible « que si le centre de gestion n’a pu donner satisfaction aux collectivités territoriales ».

Mick : Nous allons gagner davantage de souplesse et de réactivité dans la satisfaction de nos besoins urgents, plus de professionnalisme dans la gestion des personnels recrutés pour des courtes durées et diversifier notre vivier de recrutement à des personnes qui n'auraient peut-être jamais travaillé dans le service public.

Paul : Pour ma part je crains que cela ne soit très onéreux et complexe à gérer, peut-être aurons nous des intérimaires facile à gérer mais ce que nous allons gagner en simplicité dans les gestion des personnes, nous risquons de le perdre en rigidité et complexité dans la gestion des marchés publics de fourniture de services d'intérim.

Le texte de la loi au format "pdf" : Loi du 3 aout 2009 relative à la mobilité dans la fonction publique

samedi 29 août 2009

Avant projet de loi sur le "grand Paris"

Vous trouverez ci-dessous, au format pdf, l'avant-projet de loi relatif au grand Paris :

Projet de loi grand Paris - V 28 aout 2009

mardi 21 juillet 2009

Avant-projet de loi sur la réforme des collectivités

Vous trouverez ci-dessous une copie de l'avant-projet de loi sur la réforme des collectivités dans sa version du 20 juillet 2009, au format "pdf". Le fichier est divisé en 10 parties pour des raisons de taille (chaque partie a une dimension inférieure à 2 MO).

Avant-projet de loi - Partie 1

Avant-projet de loi - Partie 2

Avant-projet de loi - Partie 3

Avant-projet de loi - Partie 4

Avant-projet de loi - Partie 5

Avant-projet de loi - Partie 6

Avant-projet de loi - Partie 7

Avant-projet de loi - Partie 8

Avant-projet de loi - Partie 9

Avant-projet de loi - Partie 10

mardi 7 avril 2009

La Gazette des Communes a assisté à la conférence donnée par Edouard Balladur à Sciences Po lundi 6 avril

Réforme des collectivités : comment Edouard Balladur voit le monde local

Le président du comité pour la réforme des collectivités locales était l’hôte, ce 6 avril, à «Sciences Po», de la chaire mutations de l'action publique et du droit public (MADP) dirigée par le professeur Jean-Bernard Auby. Lors de cette rencontre à laquelle La Gazette a pu assister en exclusivité, Edouard Balladur a défendu son rapport. Et, surtout, livré sa vision de la galaxie territoriale.

Des pouvoirs «théoriques»

«Malgré leurs pouvoirs théoriques, les collectivités sont faibles parce qu’elles n’ont pas les moyens de leur action», considère-t-il. La question financière lui apparaît donc centrale. «Mais, se justifie-t-il, on ne pouvait pas nous demander, dans les trois mois qui nous étaient impartis, de régler la réforme de la fiscalité locale à laquelle on ne s’est pas attaqué depuis des années, voire des décennies.»

Des financements croisés «légitimes» pour les seuls projets d’Etat

«Lorsque c’est l’Etat qui prend l’initiative et apporte une part importante au pot commun, les financements croisés sont légitimes», tranche l’ancien Premier ministre. Quand une collectivité se trouve à l’origine d’un projet, Edouard Balladur se montre beaucoup plus circonspect : «L’élection au suffrage universel direct ne donne pas le droit de s’occuper de tout. Sinon, il n’existe plus de répartition des compétences, plus de droit du tout.» En ce sens, la clause générale de compétence, reconnue aujourd’hui aux trois échelons de collectivités, lui paraît un facteur de confusion. «C’est le droit d’empiéter sur les compétences d’autrui», cingle-t-il.

Des élus locaux «pas forcément ouverts au changement»

Les élus locaux, à ses yeux, «forment un monde très divers, beaucoup moins politisé qu’on ne le croit, ce qui ne les rend pas forcément dynamiques et ouverts au changement». Et Edouard Balladur de pointer «l’éternelle dichotomie française» : «D’un côté, l’appel permanent au pouvoir central afin de résoudre tous les problèmes. De l’autre, la crainte du pouvoir central dès qu’il tente de régler les difficultés.»

Contre «l’Europe des régions»

L’ancien collaborateur de Georges Pompidou voit d’un mauvais œil «les ambassades» des conseils régionaux à Bruxelles. «L’Union européenne est une union d’Etats, rappelle-t-il. Je ne suis pas favorable à l’Europe des régions et à la représentation des collectivités. Le Comité des régions a un rôle consultatif, c’est suffisant comme cela.»

Pour «une collectivité de la métropole du Grand Paris»

Pour l’ex-député (UMP) de Paris, le projet de syndicat mixte Paris métropole, soutenu notamment par la ville de Paris et le conseil régional d’Ile-de-France, «ne répond pas à la question posée». «Ce n’est qu’une association d’étude, déplore-t-il. Je ne crois pas qu’en Ile-de-France, nous souffrions d’une insuffisance d’organismes de ce genre.» «Je constate qu’on a commencé à parler beaucoup de Paris métropole un mois après que notre comité a débuté ses travaux», relève-t-il également. Edouard Balladur défend maintenant «une collectivité de la métropole du Grand Paris», proche du statut de communauté urbaine et réduite, pour l’essentiel, aux quatre départements du cœur d’agglomération. Il reconnaît «le risque de coupure». Mais, selon lui, ce danger existe déjà : «Les habitants des confins des Yvelines et de la Seine-et-Marne, reprochent à la région de s’occuper trop du centre et pas assez d’eux.»

lundi 6 avril 2009

Des élèves administrateurs réagissent aux propositions du comité Balladur

Des élèves administrateurs territoriaux de la promotion Galilée, le comité acte III, ont souhaité apporter quelques éléments de réflexion dans le débat de la réforme des collectivités territoriales. Point de vue de futurs managers des territoires, cette tribune a été publiée dans les échos le 20 mars dernier.

Pour télécharger la tribune publiée dans les échos, cliquez ici.

lundi 16 mars 2009

"Regards croisés de cadres territoriaux" sur la réforme des collectivités : une table ronde de l'AATF-Alsace en partenariat avec le Pôle européen d'administration publique et l'Institut National des Etudes Territoriales.

Table-ronde organisée de 5 mars 2009 par la délégation AATF Alsace, animée par des élèves de la promotion Galilée de l’INET, avec les interventions de MM. Raphaël Le Mehauté (préfecture du Bas-Rhin), François Cavard (CR d’Alsace), Roger Campariol (CU de Strasbourg) et Bernard Roch (CG du Bas-Rhin).

"Pour F. Cavard, il faut se demander, concernant les compétences des collectivités locales, si l’on doit s’orienter vers une interdiction d’agir dans certains domaines imposée par l’Etat (fin de la clause de compétence générale) ou si l’on doit conserver la liberté de définir soi-même ses compétences, au cœur des lois de décentralisation. Pour R. Campariol, la question majeure est celle des économies permises par la réforme (économies d’échelles et de rationalisation des ressources). B. Roch a insisté quant à lui sur le fait que beaucoup de points épineux étaient renvoyés au volontariat et au courage des élus locaux, même si de nombreuses propositions vont dans « le sens de l’histoire », notamment l’élection des conseillers intercommunaux au suffrage universel, qui fait l’unanimité. Dans tous les cas, R. Le Mehauté a estimé qu’il voyait mal l'État conserver son découpage territorial alors que les collectivités sont aujourd’hui incitées à se regrouper. Des trois axes de réforme envisageables (structures, compétences, élus), le premier a été abandonné ; le rapport Balladur se concentre donc sur la réforme des compétences et de la représentation politique. Sur les compétences, aucun consensus ne s’est dégagé, ni sur la suppression de la clause de compétence générale ni sur la limitation des financements croisés (risque de conserver le même niveau de subventions, avec une spécialisation des financements entre collectivités).

Enfin, concernant la création d’une collectivité unique en Alsace, on a pu se rendre compte des visions constructives et pragmatiques des cadres territoriaux des différentes collectivités, notamment sur le nécessaire ancrage local des conseillers territoriaux.

Le débat a été très vivant avec de nombreuses interventions de la salle, qui ont souvent souligné les limites de cette réforme : le service aux usagers/citoyens est peu abordé, de même que la question de la péréquation entre les territoires (car deux territoires pauvres réunis ne feront qu’un grand territoire pauvre…).

Au final, une des conclusions de ce débat est qu’il faut donc accepter la complexité : en Espagne et en Allemagne, le paysage institutionnel est tout aussi compliqué qu’en France mais la gouvernance permet de faire des économies et d’améliorer les services publics."

LES AUTRES VIDEOS DE LA TABLE RONDE :

!!Télécharger le compte-rendu intégral des débats

Comparaison des propositions pour la réforme, d'après le rapport d'étape du Sénat.

Le Sénat publie en annexe de son rapport d'étape une comparaison synthétique des propositions issues de ses propres travaux, du rapport Warsman et du comité Balladur.

Mission du Sénat sur la réorganisation territoriale : le rapport d'étape prône des intercommunalités fortes

La mission temporaire et pluraliste du Sénat sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales a dévoilé ses «premières préconisations», le 11 mars. Toutes ont été adoptées à l’unanimité.

Parmi elles, une «augmentation progressive du nombre des compétences obligatoires et optionnelles» des communautés. La mission prône, dans le même sillon, un achèvement de la carte intercommunale fin 2011, là où le rapport «Balladur» parle de 2014. Faute de consensus, le rapprochement des élus départementaux et régionaux a été écarté. De même, l’instance entend «poursuivre ses réflexions» avant de trancher le casse-tête du Grand Paris.

Au moment d’aborder le fait urbain, elle se montre moins volontariste que le comité présidé par l’ancien Premier ministre, évoquant simplement une éventuelle «délégation de compétences du département et de la région à la métropole».

7 ou 8 métropoles

«Nous sommes sur 7 ou 8 entités de ce genre, pas 50» précise Yves Krattinger, corapporteur (PS) de la mission. Le Sénat souhaite par ailleurs étendre à l’ensemble des régions, la possibilité offerte, en 2003, à l’Alsace de répartir les fonds structurels européens. Il réclame également le transfert d’une partie du pouvoir règlementaire aux départements et aux régions. Point, ici, de spécialisation des collectivités mais, pour les compétences partagées, la reconnaissance de chefs de file ainsi que l’instauration d’un guichet et d’un dossier d’instruction unique.

Toutes ces recommandations feront l’objet d’un débat en séance plénière le 18 mars. Le rapport de la mission devrait, lui, être achevé dans le courant du mois de mai.

>Lire le rapport intégral

Source : La Gazette des Communes

dimanche 15 mars 2009

Grand Paris. Jacques Marsaud : «Couvrir l’Ile-de-France d’intercommunalités»

Le délégué régional de l’Association des directeurs généraux des communautés de France (ADGCF) voit dans les projets de communautés, qui fleurissent avec l’onction de l’Etat en petite couronne, une alternative à la «mégastructure» prônée par Edouard Balladur. Interview du directeur général des services de la communauté d’agglomération de Plaine Commune (Seine-Saint-Denis).

Comment votre association de «DG» intercommunaux accueille la proposition du rapport «Balladur» de supprimer les communautés de la petite couronne parisienne ?
Ce «Grand Paris» casserait aussi les communautés en deuxième couronne, puisque des communes, dans cet espace, pourraient demander à y être individuellement rattaché. Les réactions les plus vives, lors de la réunion que nous avons organisée le jour même de la remise du rapport, le 5 mars, sont d’ailleurs venues des collègues de ces territoires. Toutes les communes, membres d’une telle instance, perdraient des pouvoirs dans des domaines aussi essentiels que l’aménagement, l’urbanisme et le logement. Les quelques quinze directeurs généraux des services des communautés d’agglomération d’Ile-de-France présents, le 5 mars, ont, dans leur motion, désapprouvé, à l’unanimité, la proposition du comité «Balladur».

Vous retrouvez-vous davantage dans l’allocution prudente de Nicolas Sarkozy, le 5 mars ?
Le 5 mars l’évènement n’a pas été son discours, mais la rencontre entre les représentants de la conférence métropolitaine et les élus des Hauts-de-Seine. Patrick Devedjian et Jean Sarkozy ont accepté le projet de syndicat mixte Paris Métropole. A partir de ce moment-là, la messe était dite pour le «Grand Paris» d’Edouard Balladur.

Edouard Balladur a, en dépit de tout, suggéré également une communauté urbaine, lors de son audition, le 10 mars, par la mission sénatoriale sur la réforme des collectivités. N’est-ce pas, à vos yeux, un moindre mal ?
Cette communauté serait toujours constituée de 6, 7, voire 8 millions d’habitants. Elle ne pourrait donc pas assurer l’indispensable proximité. Nous croyons bien davantage, à l’instar du secrétaire d’Etat au développement capitale, Christian Blanc, à une logique de projets et de pôles de développement.

Votre objectif n’est-il pas, avant tout, de marginaliser la ville de Paris ?
Nous ne nous inscrivons pas dans le registre du rapport de force mais du partenariat. Paris doit naturellement constituer le pôle central. Sept ou huit pôles forts doivent aussi s’affirmer. L’image de la marguerite et des pétales, que nous avons utilisée à Plaine Commune, ne nous paraît plus la bonne. Car derrière la première rangée, il existe aussi d’autres pôles qui doivent intégrer l’ensemble. Nous devons créer de nouveaux espaces, qui dépassent les frontières fictives entre la petite et la grande couronne. Il s’agit de couvrir l’Ile-de-France d’intercommunalités.

L’expérience de Plaine Commune peut-elle servir de matrice ?
Nous avons beau être la communauté d’agglomération francilienne qui a le plus de sens, notre territoire n’est pas forcément toujours pertinent. Voilà pourquoi, nous voulons créer de nouvelles solidarités avec la boucle nord des Hauts-de-Seine autour de Gennevilliers, la ville de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), la communauté d’agglomération de Roissy-Porte-de-France (Val-d’Oise) et la communauté de communes de l’aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis).

Les projets d’intercommunalité ne doivent-ils pas être mis entre parenthèses afin de donner de la cohérence à la métropole, comme le réclame le sénateur (UMP) Philippe Dallier ?
Nous relevons, avec beaucoup de satisfaction, qu’il n’en est rien. A la veille de la remise du rapport Balladur, l’Etat a pris un premier arrêté autorisant, dans les Hauts-de-Seine, la fusion d’Arc de Seine et de Val de Seine. Ce sera la deuxième intercommunalité d’Ile-de-France, derrière Plaine Commune. L’Etat ne voit pas non plus d’un mauvais œil les autres projets de communautés, notamment dans le secteur de Pantin et Montreuil (Seine-Saint-Denis). S’il est une proposition, que nous approuvons dans le rapport «Balladur», c’est bien celle qui vise à achever la carte intercommunale.

Pour en savoir plus
Consultez le dossier sur le Grand Paris

Source : la Gazette des Communes

jeudi 12 mars 2009

E. Balladur précise le calendrier au Sénat

La Mission temporaire du Sénat sur l'organisation et l'évolution des collectivités territoriales a auditionné le 10 mars Edouard Balladur sur le rapport du comité qu’il a présidé sur la réforme des collectivités territoriales.

L’ancien Premier ministre a rappelé que les rapprochements entre les régions devaient permettre de les doter d'une véritable force économique qui leur faisait aujourd'hui défaut. Il a également précisé que la suppression des cantons n'emportait pas celle des départements, auxquels il a marqué son attachement. Quant à l'émergence des métropoles dotées de certaines compétences départementales, elle devrait selon lui emporter des transferts automatiques de compétence des communes.

Le projet de loi qui doit résulter des travaux du Comité pour la réforme des collectivités locales devrait être discuté à l'automne 2009 et adopté en février 2010, ce qui exclu une modification du mode de scrutin des élections régionales de mars 2010, a observé Edouard Balladur.

Le Grand Paris se construit en 2009 Enfin sur le Grand Paris, il a jugé que la décision de sa création interviendrait après la présentation des projets de Christian Blanc, secrétaire d'Etat au Développement de la région capitale, et des projets des équipes d'architectes.

Le secrétaire d'Etat chargé du développement de la région-capitale a déclaré le même jour qu'il n'y avait «pas de confusion» dans ce dossier, précisant qu'il ferait ses premières propositions sur l’«aménagement des projets», au printemps 2009. Il fera ensuite des propositions sur la gouvernance à la fin de l’année qui seront formalisées dans un projet de loi «vraisemblablement dans le courant de l'année prochaine».

Réaction du PS Toujours le 10 mars, le bureau national du PS a considéré que le projet de Grand Paris proposé par Edouard Baladur «cumule les inconvénients» et demandé de «repartir maintenant des propositions que les élus socialistes de Paris et de la région parisienne ont fait».

Les socialistes critiquent plusieurs propositions du rapport du comité Balladur, estimant que, «si elles sont adoptées, elles accroîtront la confusion, diminueront l'efficacité des politiques publiques et aggraveront les inégalités». «Nous sommes résolument opposés à la suppression des élus régionaux .../... Le remplacement des conseillers régionaux et généraux en conseillers territoriaux élus dans de grands cantons affaiblirait à la fois la région, qui n'a pas vocation à être une fédération de cantons, et les départements dont les élus seraient éloignés des citoyens», affirment-ils.

Le bureau national rejoint toutefois le comité sur certains points comme la fixation d’«une date butoir pour achever l'intercommunalité, l'élection au suffrage universel des exécutifs des regroupements de communes, tout en préservant la légitimité démocratique des maires». Le PS cite aussi «le renforcement et l'extension des métropoles, le remplacement de la taxe professionnelle par une contribution économique qui préserve le lien entre les entreprises et les territoires et qui puisse assurer une réelle péréquation entre les territoires».

Pour en savoir plus Téléchargez le rapport définitif du comité Balladur sur la réforme des collectivités locales Consultez nos article du 9 mars «La table ronde organisée par la Gazette sur le rapport Balladur révèle de nouvelles divergences/extraits vidéo», «Michèle Alliot-Marie : L'Etat devra respecter les compétences exclusives des collectivités»

(La Gazette des communes - avec l’AFP)

lundi 9 mars 2009

Quels scenarii d'évolution des finances locales ? - par Nathalie PARE, Elève Administrateur Territorial

Evolution des finances locales : Quels sont les scenarii envisageables pour des collectivités territoriales ? Référence : conférence-débat du 5 février 2009 organisée par Ressources Consultants Finances

Malgré deux bonnes surprises réservées par la loi de finances 2009 (coefficient d’actualisation des bases cadastrales supérieur à l’inflation et remboursement anticipé de la TVA pour les communes sous certaines conditions), l’inquiétude est réelle chez bon nombre de cadres dirigeants et d’élus locaux. La fin annoncée de la taxe professionnelle par le Président de la République pour 2010 n’a fait qu’accroître leurs craintes.

Dans ce contexte de baisse des ressources fiscales, on peut s’interroger sur l’évolution des concours financiers de l’Etat aux collectivités alors que le déficit public se creuse et que la crise économique s’installe. Des temps difficiles, et surtout incertains, s’annoncent donc pour les finances locales. Ce manque de visibilité est particulièrement mal ressenti de la part d’élus locaux, à qui on demande dans le même temps de poursuivre, voire d’accroître leurs investissements.

Dans ses conditions, vers quelles solutions se tourner ?

Pour reprendre l’expression de Yann Le Meur, président du cabinet spécialisé en finance locale RCF, certaines marges de manœuvre -pourtant largement répandues- sont fictives, à savoir :

 L’allongement de la dette, qui reporte la charge sur les générations futures ;  Le recours accru aux emprunts, qui grève à terme l’épargne brute et nette ;  La construction à moindre coût, qui se paie souvent ensuite en charges de fonctionnement élevées ;  Le transfert de compétences, qui ne fait que reporter sur d’autres les problèmes ;  La mutualisation des services au niveau intercommunal quand elle amène au développement de l’offre pour les communes adhérentes.

Selon le niveau de ressources des collectivités, deux scenarii sont envisageables: celui, optimiste, du maintien de l’offre de service public local et celui, plus pessimiste, de sa réduction.  Maintenir l’offre de service signifiera, en premier lieu, de rechercher toutes les voies possibles d’optimisation dans la gestion du service. Cette recherche de performance passera sans doute par le choix du niveau le plus pertinent de collectivité et par la coopération entre collectivités. Elle conduira forcément à réinterroger les arbitrages entre usagers et contribuables, c’est-à-dire entre tarification et pression fiscale sur les ménages. A titre d’illustration, plusieurs de nos voisins européens (allemands, danois) vont vers des augmentations de la part « usagers » dans le financement des transports en commun, dont les coûts d’investissement sont élevés. Ce qui présente le double avantage d’accroître la capacité d’investissements nouveaux et de réguler le recours au service public. Bon nombre de villes françaises qui ont développé de nouvelles lignes (bus ou tram), ont vu les fréquentations augmenter en partie au détriment de la marche à pied, alors que le recours à la voiture n’a pas diminué (Cf. article sur les transports de M. Barbier et N. Glière).

 Pour limiter la pression fiscale, d’autres collectivités seront contraintes de réduire les prestations apportées aux habitants et usagers. En effet, l’optimisation de la gestion et la recherche de gains de productivité, bien qu’indispensables, n’y suffiront pas. Il faudra pour elles se recentrer sur leurs compétences obligatoires et de réduire leurs investissements. Après le mot d’ordre « rendre plus de services sans accroître les moyens », il s’agira de rendre moins de service avec nettement moins d’argent. Pour l’encadrement des collectivités, cela constituera en outre un défi en termes de management d’équipes. En effet, au fil de la construction du statut de la fonction publique territoriale et des transferts de compétences, le professionnalisme et la compétence des agents territoriaux sont montés en puissance. Pour de nombreux agents, la qualité du service rendu à la population constitue un important facteur de motivation, et il sera difficile de les faire travailler sur l’arrêt ou la révision à la baisse des prestations. Ils seront aussi en première ligne, au contact des citoyens-usagers, qui ne manqueront pas d’exprimer leur insatisfaction face à ce type d’évolutions à la baisse du service public local.

La LOLF dans les collectivités : le cas exemplaire du département de la Mayenne - par Nathalie PARE, Elève Administrateur Territorial

Conseil Général de la Mayenne : une des démarches d’inspiration LOLF* parmi les plus abouties des collectivités territoriales

Interview de Serge Huteau, DGS par Nathalie Paré le 10 février 2009

Nathalie Paré : Quelle est l’origine de la démarche du CG de la Mayenne ? Quelles en sont les principales caractéristiques ?

Serge Huteau : Au départ, il y a la volonté politique du Président Jean Arthuis de donner plus de lisibilité aux politiques conduites par le Conseil général, d’améliorer la transparence et de développer l’évaluation et le contrôle de gestion. D’où mon arrivée au Conseil général en 2005. Nous avons alors conçu un projet global de changement, touchant à la fois à la stratégie, aux finances, à l’organisation, aux ressources humaines et à l’évaluation.

NP : En quoi vous êtes-vous inspiré de la LOLF ?

SH : Pour nous, à l’époque, la LOLF avait vocation à se généraliser aux collectivités locales. Avec la LOLF, l’Etat français s’engageait dans un processus de réforme de la gestion publique que d’autres pays, en particulier anglo-saxons, avaient déjà mis en œuvre, le New Public Management. Cette approche d’une gestion publique plus performante a vocation à se généraliser quel que soit le niveau de collectivité publique. Jean Arthuis avait été l’un des principaux promoteurs de la LOLF au niveau national et il souhaitait développer une approche similaire au Conseil général. Nous avons tenté d’éviter les écueils perçus de la LOLF au niveau de l’Etat, en dépassant en particulier le strict cadre budgétaire et comptable. Nous avons accordé une importance toute particulière à l’organisation et à la gestion des ressources humaines. Nous sommes partis d’une analyse prospective du territoire pour identifier les enjeux majeurs de développement de la Mayenne, à partir desquels nous avons défini nos missions, au sens de la LOLF. Puis ces missions ont été déclinées en stratégies, les programmes, eux-mêmes déclinés en actions.

NP : Quatre ans après le démarrage de votre démarche de gouvernance, quels enseignements en tirez-vous ?

SH : Globalement le bilan est positif. La démarche a apporté une lisibilité sur l’action du Conseil général. Les débats en commission sont beaucoup plus centrés sur la stratégie. La nouvelle organisation des services et directions a également permis de mieux identifier « qui fait quoi » et à orienter leur action sur ces stratégies prioritaires. Nous avons également mis en place une commission d’étude transversale, la commission contrôle interne et coordination, présidée par Jean Arthuis lui-même et composée des présidents des autres commissions. Cette commission permet de débattre et d’arbitrer sur les priorités entre les missions. C’est par exemple sur la base des débats sur la prospective budgétaire pluriannuelle et sur les projets annuels de performances que sont données les lettres de cadrage, dès juillet, pour l’élaboration du budget n+1. Le principal intérêt de notre démarche semble avoir été de lier le fonctionnement interne, les relations élus responsables de programme, l’évaluation annuelle des agents, le régime indemnitaire, aux priorités du Conseil général. Ce qui contribue à donner du sens à l’action de chacun. Nous avons écrit tout cela dans un projet institutionnel pluriannuel.

NP : Quelles sont les limites ou les blocages que vous avez rencontrés ?

SH : Il faut bien voir que la réglementation actuelle, notamment budgétaire, va à l’encontre de démarche de ce type. Nous devons voter notre budget par nature ou par fonction alors que la logique de performance est basée sur des priorités politiques qui diffèrent d’une collectivité à une autre. Techniquement cela signifie que nous avons du adapter notre logiciel comptable pour présenter des documents budgétaires qui répondent à la fois à la réglementation et à notre présentation « maison » des priorités politiques en missions et programmes. Plus globalement, notre démarche met en évidence les limites de la réglementation budgétaire actuelle, organisée autour de l’annualité budgétaire. Rares sont les politiques publiques qui s’engagent sur une année. L’action publique locale s’inscrit dans la durée, les politiques sont généralement pluriannuelles. Même si la gestion en AP-CP (autorisations de programme et crédits de paiement) permet de prendre en compte cette pluriannualité, dans les collectivités territoriales le temps fort reste le vote du budget primitif alors que ce devrait être le DOB, moment ou s’exprime l’engagement politique. Non seulement le DOB n’est qu’un débat, sans vote et sans engagement budgétaire pluriannuel, mais en plus, il doit se tenir moins de deux mois avant le BP, ce qui revient à lui donner le sens d’un pré-BP et non d’un engagement sur une stratégie pluriannuelle. Il serait plus logique de donner au DOB une vraie valeur d’engagement pluriannuel (par le vote des AP et de l’échéancier des CP) et de le lier au compte administratif, base de référence pour actualiser la stratégie pluriannuelle. L’autre limite, toujours réglementaire, concerne la gestion des ressources humaines et plus particulièrement les marges de manœuvre pour récompenser la performance. Mais il s’agit là d’une remise en cause fondamentale, celle de la fonction publique de carrière.

NP : Comment en savoir plus sur votre démarche ?

SH : Nous avons peu communiqué sur notre démarche. C’est culturel en Mayenne. Nous faisons sans le dire ; l’expérimentation à l’échelon du département du RSA, la mise en place de lieux d’accueil innovants, la valorisation énergétiques des déchets, autant de domaines que nous investissons sans le faire savoir. Sur la démarche de nouvelle gouvernance locale, j’ai quand même écrit un ouvrage aux éditions du Moniteur : « La nouvelle gestion publique locale. ». Cà, vous pouvez le faire savoir !

dimanche 8 mars 2009

Laurent Beauvais, président de la région Basse-Normandie, accuse le gouvernement de "ne pas vouloir faire l'acte III de la décentralisation"


INTERVIEW le point.fr

Nicolas Sarkozy a reçu à l'Élysée Édouard Balladur et les membres du comité pour la réforme des collectivités locales mercredi. Il a évoqué avec eux le contenu de leurs travaux : une vingtaine de propositions qui pourraient entrer en vigueur en 2014. Parmi elles, le passage de vingt-deux à "une quinzaine" de régions, la désignation "par une même élection des conseillers généraux et des conseillers régionaux" ou encore la création de dix nouvelles métropoles. Pour lepoint.fr, Laurent Beauvais, président de la région Basse-Normandie, qui prône la réunification des deux Normandie, revient sur ces mesures.

Lepoint.fr : Que pensez-vous des propositions du comité Balladur ?
Laurent Beauvais : Il n'y a pas assez de régions là-dedans ! Il faut clarifier et renforcer les compétences des régions. Je suis donc très déçu que ce rapport n'aille nulle part sur ce sujet extrêmement important, que défend l'ARF (Association des régions de France). La question de la clarification des compétences ne se pose pas avec les départements. Nous n'avons pas de problème avec les départements, mais avec l'État. Nous sommes toujours dans une très insuffisante décentralisation depuis les lois Raffarin de 2004.

Lepoint.fr : Dans quels domaines la décentralisation vous semble-t-elle insuffisante ?

L. B. : Je pense notamment à l'innovation et à la formation, qui sont essentielles, mais aussi à l'enseignement supérieur, à la recherche et à des publics comme les handicapés, ou les personnes en centres de détention, qui sont sous la compétence de l'État. L'État a plein d'autres choses à faire au niveau national, sur des sujets importants comme la justice, la santé, la défense... L'ARF propose donc qu'on rende maintenant aux régions leur légitimité, qui est une légitimité de terrain, de proximité...

Lepoint.fr : En quoi l'idée de ramener le nombre de régions de vingt-deux à "une quinzaine" est-elle intéressante ?

L. B. : C'est un faux débat. Le vrai débat, c'est la clarification des compétences. Et dans ce domaine, le gouvernement est centralisateur. Il ne veut pas faire l'acte III de la décentralisation (après les lois de décentralisation de 1982 et 2004, NDLR), en faveur de compétences nouvelles pour les régions. C'est pourtant ce que beaucoup de présidents de régions attendent.

Lepoint.fr : "Il y a deux Normandie, on les aime, mais en faut-il deux ?", lançait Nicolas Sarkozy, le 27 novembre, devant les maires de France. Que lui répondez-vous ?

L. B. : Depuis plus de 10 ans, je suis un partisan de la réunification des deux Normandie (qui existent depuis 1956). Je n'ai pas attendu d'être président de région (en avril 2008, après la démission du socialiste Philippe Duron, NDLR) pour le dire, et encore moins que Nicolas Sarkozy fasse cette belle déclaration d'amour, ce qui est, en revanche, le cas des élus de droite en Basse-Normandie. Ils sont soudainement devenus réunificateurs après la déclaration du Président ! Tout le monde est rentré dans le rang, mais il ne faut pas oublier qu'en 2004, les régionales se sont faites sur cette question de la réunification, et la droite, qui était contre, a perdu.

"Le mode de scrutin suggéré par monsieur Balladur est un retour en arrière"

Lepoint.fr : Pourquoi êtes-vous favorable à la réunification ?

L. B. : Il y a beaucoup de complémentarités entre les tissus économiques et sociaux des deux régions et pas forcément de gros antagonismes. Ce phénomène s'est d'ailleurs accéléré depuis 2004. Et je pense qu'en rassemblant ces cinq départements, ce qui fait un peu plus de 3 millions d'habitants, on a la capacité de renforcer nos politiques maritime, économique, scientifique, universitaire... Par ailleurs, on ne refait pas le passé, mais il est possible que nous ayons manqué de forces pour négocier avec l'État de grands investissements, dans le domaine ferroviaire notamment. Les deux Normandie sont les seules régions à ne pas avoir le TGV. Les grands investissements sont aujourd'hui obtenus par des rapports de force, des campagnes de lobbying, de la stratégie... Peut-être qu'une Normandie aurait plus d'atout de ce point de vue là. J'ajoute qu'à l'étranger, on ne connaît qu'une région : la Normandie.

Lepoint.fr : Une Normandie, donc. Avec quelle capitale ?

L. B. : C'est vrai que le problème se pose. Et de ce côté-là, des choses peuvent être tirées du rapport Balladur. Il préconise de faire de Rouen (Haute-Normandie) une métropole à partir de 2014. Cela peut donc être compatible avec le fait de désigner Caen (Basse-Normandie) capitale de la Normandie. Leurs fonctions seraient complémentaires. Rouen est une grande ville de 400.000 habitants, soit deux fois plus que Caen, mais Caen est plus stratégique d'un point de vue géographique. On peut avoir dans ce nouveau paysage, un jour, une intéressante répartition des rôles, avec Caen en capitale politique et Rouen en métropole de développement.

Lepoint.fr : Vos camarades socialistes Pierre Mauroy et André Vallini faisaient partie de la commission Balladur. Soutenez-vous leur participation ou considérez-vous, à l'instar de Martine Aubry, qu'ils auraient dû la quitter ?

L. B. : Ils ont eu raison d'accepter, car cela ne servait à rien de pratiquer la politique de la chaise vide. Maintenant, j'apprécie beaucoup que Pierre Mauroy dise ce qu'il pense et apporte les critiques qu'il faut, à savoir notamment qu'on ne va pas assez loin dans un acte III de la décentralisation. Il met également en avant ces histoires de tripatouillages de modes de scrutin comme un élément d'affaiblissement des collectivités et non de renforcement des régions.

Lepoint.fr : Justement, Mauroy et Vallini ont rejeté l'idée de désigner par une même élection les conseillers généraux et les conseillers régionaux. La mesure a toutefois été adoptée...

L. B. : Le mode de scrutin suggéré par monsieur Balladur est un vrai retour en arrière. Le fait qu'il y ait des conseillers territoriaux à la région le matin et au département l'après-midi va complètement briser la clarification des responsabilités. Être conseiller régional, c'est faire tous les jours des choix qui sont sur une grande échelle territoriale, à savoir plusieurs départements (trois pour la Basse-Normandie, NDLR). Cela nécessite une cohérence de programmation dans le temps. La logique cantonale est, de son côté, souvent un obstacle pour des grandes décisions en matière d'aménagement régional... Ce mode de scrutin va affaiblir les régions alors qu'il faut les renforcer. Il faut un mode de scrutin qui permette au citoyen d'identifier, de responsabiliser ses choix régionaux. Le mode de scrutin actuel est le moins mauvais que nous n'ayons jamais eu jusqu'alors. On peut l'améliorer, mais il faut un mode direct pour que la démocratie régionale s'exerce complètement.

Michèle Alliot-Marie : «Pas de fusions des régions ou des départements contre leur gré»


La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie s'exprime ce dimanche dans «Ouest-France». Un pré-projet de loi-cadre sera proposé fin juin après concertation avec les parlementaires et les associations d’élus. La ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales Michèle Alliot-Marie souligne ce dimanche dans une interview à Ouest-France qu'"il n’est pas question et il ne sera pas question de fusionner des régions ou des départements de force, contre leur gré". "Ça ne marcherait pas, a estimé la ministre. En revanche, dans certains cas, des populations et des élus qui estimeraient que leurs régions seraient plus fortes avec un territoire plus important, pourront regrouper leurs structures". Un pré-projet de loi-cadre sera proposé à la fin du mois de juin après concertation notamment avec les parlementaires et les associations d’élus. "Le projet de loi-cadre sera soumis au Parlement au tout début de l’automne. Plusieurs lois déclineront ensuite les différents domaines. Je pense notamment à la réforme de la fiscalité locale, car il faut qu’aux compétences correspondent des ressources. Nous devrions avoir terminé l’encadrement législatif de la réforme dans les deux ans qui viennent", précise la ministre. Enfin, Alliot-Marie confirme qu’"il n’y aura pas de changement" pour les régionales de 2010. "Il ne faut pas perturber les échéances électorales".

Interview de Michèle Alliot Marie

Ouest France du 8 mars

La ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales confirme, après notre sondage de samedi, qu'il n'y aura aucun redécoupage des régions sans volonté affirmée des élus et de la population.

On a senti Nicolas Sarkozy prudent, jeudi, sur certaines propositions Balladur...

Le président de la République a bien rappelé l'ambition de la mission : simplifier notre organisation territoriale, la rendre plus efficace. Clarifier les compétences de chaque collectivité. Il faut préciser les articulations entre elles. L'État, aussi, doit cesser d'intervenir dans des domaines qui relèvent de la compétence exclusive des collectivités.

Donc, il ne faut pas s'attendre à une réforme a minima ou à un enterrement du projet ?

Certainement pas. Notre ambition est de permettre à la France de répondre à tous les enjeux de la mondialisation. Les collectivités ont un rôle à jouer : n'oublions pas qu'elles représentent 75 % de l'investissement public. Nous voulons clarifier les capacités de chacun pour optimiser l'action commune.

Édouard Balladur préconise de renforcer le pôle régional et le pôle local. N'est-ce pas la disparition subreptice des départements ?

Non. Pour les Français, il y a les échelons de l'affectivité, de la proximité et ceux de la rationalité. Les Français sont profondément attachés à leur ville comme à leur département, mais une commune est généralement incapable de répondre seule à tous les besoins. Le département est l'échelon de proximité, celui du social, du RSA, des maisons des retraites, des transports scolaires, mais il n'a pas les moyens financiers d'aménagements comme un grand port, des transports ferroviaires... Et là, c'est bien la région qui a les moyens d'intervenir : c'est donc un échelon rationnel. Mais il doit être mieux défini. Sujet chaud dans l'Ouest, le redécoupage. Une majorité de la population semble favorable au statu quo. Dès lors, qu'est-ce qui peut se passer ? Il n'est pas question et il ne sera pas question de fusionner des Régions ou des départements de force, contre leur gré. Ça ne marcherait pas. En revanche, dans certains cas, des populations et des élus qui estimeraient que leurs Régions seraient plus fortes avec un territoire plus important, pourront regrouper leurs structures.

Après le rapport Balladur, qu'est-ce qui va se passer concrètement ?

Nous allons mener la concertation avec les parlementaires et les associations d'élus. Après la conférence nationale des exécutifs, je verrai les uns et les autres, avec l'objectif de proposer un pré-projet de loi-cadre à la fin du mois de juin. Pendant l'été, nous allons enregistrer les réactions, ou propositions. Le projet de loi-cadre sera soumis au Parlement au tout début de l'automne. Plusieurs lois déclineront ensuite les différents domaines. Je pense notamment à la réforme de la fiscalité locale, car il faut qu'aux compétences correspondent des ressources. Nous devrions avoir terminé l'encadrement législatif de la réforme dans les deux ans qui viennent.

Vous confirmez qu'il n'y aura pas de changement pour les régionales 2010 ?

Il n'y aura pas de changement. Il ne faut pas perturber les échéances électorales.

Recueilli par Michel URVOY, pour Ouest France

Réforme des collectivités locales : Nicolas Sarkozy choisit de temporiser

LE MONDE | 06.03.09 |

Le Grand Paris attendra, tandis que la réforme de l'organisation territoriale sera menée avec prudence. Face à la levée de boucliers, à droite et à gauche, suscitée par le rapport que lui a remis, jeudi 5 mars, l'ancien premier ministre Edouard Balladur sur les collectivités locales, le président de la République a décidé de prendre son temps. Sur Paris, Nicolas Sarkozy attendra les propositions de Christian Blanc, secrétaire d'Etat du développement de la région capitale, et celles des architectes chargés de dessiner le Paris du XXIe siècle, pour se prononcer. "Pas de nouvelle gouvernance tant qu'il n'y a pas de projet", a confié jeudi le chef de l'Etat aux ténors de l'UMP, alors que M. Balladur propose de fusionner la capitale et les trois départements de la petite couronne pour former une entité de six millions d'habitants. Sur les collectivités locales, M. Sarkozy a confié au premier ministre François Fillon la mission d'élaborer "d'ici l'été" un texte reprenant "en lien étroit avec le Parlement" les propositions Balladur. Le texte de loi sera débattu "à l'automne", veut croire M. Balladur dont le rapport s'intitule "Il est urgent de décider". "Je ne vais tout de même pas changer le titre de mon rapport une demi-heure après l'avoir rendu", a souri M. Balladur, jeudi, à l'Elysée. "Quatre mois, c'est un bon délai pour approfondir le consensus", a plaidé M. Sarkozy. Il a invoqué le "conservatisme" des élus locaux et "les contraintes constitutionnelles (...) lourdes". Le président a annoncé parallèlement une réforme de la fiscalité locale pour compenser la suppression de la taxe professionnelle. M. Sarkozy se défend d'"immobilisme" : il a déclaré à des proches qu'il irait chercher les voix des parlementaires jusqu'à la dernière, comme pour la réforme de la Constitution adoptée à deux voix près en juillet 2008.

COLLÉGIALITÉ

Outre le Grand Paris, le chef de l'Etat a écarté une autre proposition phare du comité Balladur : l'élection au suffrage universel des conseillers intercommunaux, qui gèrent des agglomérations de communes. Cette élection directe "pose à mon sens beaucoup de questions", a expliqué M. Sarkozy. Pour lui, la commune reste "l'échelon de base de notre organisation et de notre démocratie locale". Il ne veut pas les affaiblir. M. Sarkozy a expliqué aux dirigeants de l'UMP que l'intercommunalité doit rester " collégiale et pas hiérarchique". Ce qui ne l'empêche pas de juger indispensable de voir émerger des "métropoles" - M. Balladur en a listé onze - pour "structurer la vie économique de notre pays". M. Sarkozy a repris l'idée de "rapprocher les départements et les régions en les dotant des mêmes conseillers". Mais "le processus d'élection de ces futurs conseillers communs devrait faire l'objet de travaux complémentaires", a-t-il précisé. Cette réforme impliquerait la suppression du canton prônée par M. Balladur et il n'y a pas de majorité au Parlement sur ce point. M. Sarkozy s'est dit favorable à la suppression de la clause générale de compétence pour les départements et les régions, qui leur permet d'intervenir dans tous les domaines. C'est la "seule manière de mettre fin aux financements croisés et à l'enchevêtrement des interventions" de la puissance publique. Il a rappelé que les fusions de régions ou de départements se feraient "sur une base volontaire", alors que la proposition de M. Balladur de passer de vingt-deux à une quinzaine de régions a mis le feu aux poudres dans les petites régions. "A quoi sert-il de vous informer si vous n'en tenez aucun compte ?", a demandé, faux candide, M. Balladur à la presse.

Béatrice Jérôme et Arnaud Leparmentier

Article paru dans l'édition du 07.03.09

Le rapport Balladur provoque une levée de boucliers sur la Toile

Le Point.fr 05/03/2009

Le rapport du comité Balladur sur la réforme de l'administration territoriale doit être remis jeudi entre les mains de Nicolas Sarkozy. Rendues publiques la semaine dernière, les 20 propositions formulées pour en finir avec "le mille-feuille administratif français" suscitent déjà les foudres des internautes qui expriment leur mécontentement sur la Toile.

"Les régions sont en danger", alerte l'Association des régions de France (ARF). Pour tenter de les "sauver", l'ARF, emmenée par le président de l'Aquitaine, Alain Rousset, a lancé début février un site Internet à destination du grand public. Se voulant pédagogique, le site Web - qui se présente comme un lieu de débat - explique le rôle et les compétences des régions et alerte sur les dangers des réformes à venir. Il s'agit de faire la lumière sur les "idées reçues" et les "raisonnements mal posés" que comportent "les scénarios évoqués par les responsables politiques, depuis qu'est lancé le projet de réforme des collectivités territoriales", explique le site Web ,qui dispose aussi de sa plate-forme vidéo , de son fil twitter et d'un groupe sur Facebook .

Les Picards affirment leur identité

À un échelon plus local, craignant un démantèlement de leur région, les élus picards font entendre leurs voix. La pétition "Touche pas à ma Picardie" , qui proclame haut et fort l'existence d'une identité picarde, revendique près de 50.000 signatures, tandis que son groupe sur Facebook a rameuté 25.000 personnes.

Quant au regroupement de certaines régions, il ne suscite guère d'engouement. Seule une pétition plaidant pour la fusion des deux Normandie est recensée sur le Net. Vieille de trois mois, elle semble avoir peu d'écho. En revanche, cette proposition du comité Balladur réveille les indépendantistes qui sommeillent. "Non à la fusion des régions Alsace et Lorraine ! L'Alsace a beau être petite, elle n'en est pas moins une région, voire l'unique région de France qui a, dès à présent, les moyens de son autonomie", peut-on lire sur le blog Jeune Alsace . Le rattachement de l'Auvergne à la région Rhône-Alpes provoque aussi une vague de protestations et plusieurs groupes ont vu le jour sur le célèbre réseau communautaire. "Amis auvergnats, vous l'avez compris, il n'est pas question de droite ou de gauche, mais bien de l'Auvergne. Défendons notre région, mobilisons-nous, rejoignez ce groupe !", appelle l'un d'entre eux .

À l'échelle des départements, les inquiétudes sont vives. Plusieurs conseils généraux dirigés par des élus socialistes ont lancé des pétitions intitulées "Je soutiens mon département et je le dis !", comme dans les Alpes-de-Haute-Provence , l'Hérault , l'Eure ou encore la Seine-Maritime qui a lancé un groupe Facebook . "Dans un monde incertain, touché de plein fouet par la crise, nos concitoyens expriment plus que jamais le besoin de proximité et de solidarité. Face à ces attentes, le département offre à tous la garantie d'une écoute, l'assurance de services de qualité", plaide le président du département Didier Marie. Une vidéo sur Dailymotion vient appuyer cette démarche en insistant sur les compétences diverses et variées de cet échelon local.

INTERVIEW DU FIGARO- Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand défend le projet de réforme territoriale et critique «les immobiles et les corporatistes».


Le figaro - Quel regard portez-vous sur les polémiques qui entourent le rapport Balladur ?
Xavier BERTRAND. - Elles ne reposent que sur des mensonges et des contrevérités. La réforme des collectivités locales ne doit pas être l'otage de l'opération de manipulation orchestrée par les immobiles et les corporatistes que sont les socialistes. L'objectif est de faire plus simple, plus efficace, plus accessible et surtout moins cher que ce qui existe. Le comité présidé par Édouard Balladur, qui a effectué un travail important et intelligent, propose un changement en profondeur. L'UMP veut apporter à ces propositions le soutien populaire du mouvement. Nous lançons donc dès demain un débat national sur cette réforme. Dominique Perben, Jean-Patrick Courtois et une équipe d'élus, parlementaires et non parlementaires, animeront ces réunions publiques.

Élu picard, êtes-vous favorable au démembrement de votre région ?

Il n'a tout simplement jamais été question de démembrement! Tout cela relève de la manipulation des élus socialistes de Picardie qui n'ont rien fait pendant cinq ans sinon augmenter les impôts locaux ou faire parler d'eux devant les tribunaux. L'arbitraire n'a jamais été la règle pour les questions des collectivités locales et ne le sera pas davantage demain. Mais si la question du périmètre de la région en Picardie ou ailleurs se posait, je ne laisserais pas les seuls conseillers généraux et régionaux socialistes décider pour tous. Je demanderai un référendum consultatif, département par département, car c'est un débat pour les élus, certes, mais pas un débat pour les seuls élus.

Au PS, on s'interroge notamment sur l'opportunité d'une telle réforme en temps de crise…

Si les entreprises qui souhaitent se développer avaient un interlocuteur unique au département et à la région, tout le monde s'en porterait mieux. Mais l'entrepreneur se perd dans le mille-feuille politico-administratif. Des communes à l'Europe, sept strates se superposent. Et même quand tous s'entendent, cela reste deux fois plus long, de voir aboutir un projet, qu'à l'étranger! Il faut mettre fin aux doublons de services qui compliquent la vie de tout le monde et nous coûtent très cher.

Faut-il diminuer le nombre d'élus pour faire des économies ?

Il ne faut pas le nier, on va vers une diminution importante du nombre des conseillers généraux et régionaux. Même au sein de notre famille politique, il va falloir convaincre, et les élus devront faire des efforts. Mais le cœur de la réforme, c'est le rapprochement département-région, qui permettra de mieux prendre en compte les attentes de la population. En proposant un seul et même élu, la proximité se trouvera renforcée. Êtes-vous favorable à la disparition des cantons et à la mise en place d'un scrutin de liste pour ces conseillers territoriaux ? Je souhaite un maintien du lien entre le territoire, la population et l'élu. Il faudra certainement revoir les limites du découpage actuel, qui est très ancien. Quant au mode de scrutin, il ne pourrait être qu'une conséquence de la réforme.

Êtes-vous confiant sur l'avenir de cette réforme ?

Le statu quo est impossible. Nous avons une occasion inespérée de montrer que cette réforme n'est plus un serpent de mer. Ce sont des propositions qui vont loin - tant mieux -, qui vont en profondeur - tant mieux -, et tant pis pour les immobiles et les corporatistes. Je crois d'ailleurs qu'il n'est pas trop tard pour parvenir à un accord entre toutes les parties. Quand on y regarde bien, il y a place dans cette réforme pour un consensus.

Réforme territoriale : Sarkozy veut un projet de loi à l'automne

LEMONDE.FR - 05.03.09

Edouard Balladur a déclaré, jeudi 5 mars, que Nicolas Sarkozy souhaitait le dépôt à l'automne d'un projet de loi d'orientation sur la réforme des collectivités territoriales. L'ancien premier ministre s'exprimait depuis l'Elysée après avoir remis son rapport sur la réorganisation territoriale. Cette refonte de l'organisation est conforme au souhait de Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré au mois de septembre 2008 : "Le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités locales car le nombre et l'enchevêtrement des compétences est une source d'inefficacité et de dépenses supplémentaires."

Plusieurs propositions contenues dans une première version du rapport, présentée la semaine dernière, ont provoqué une levée de boucliers. Parmi ces mesures, la création d'un Grand Paris intégrant les départements limitrophes de la capitale, l'attribution de la clause de compétence générale à l'échelon communal seul, la suppression des cantons, l'élection commune des conseillers généraux et régionaux, et la réduction du nombre de régions de vingt-deux à quinze.

UN RÉFÉRENDUM CONSULTATIF DÉPARTEMENT PAR DÉPARTEMENT Depuis, Edouard Balladur a revu son texte, notamment pour tenir compte des remarques de l'ancien premier ministre socialiste Pierre Mauroy, membre du comité, sur la création de métropoles régionales. Face à l'impopularité des propositions du comité, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, souhaite un référendum consultatif, département par département, sur la réforme des collectivités locales du comité Balladur. "Si la question du périmètre de la région en Picardie ou ailleurs se posait, je ne laisserais pas les seuls conseillers généraux et régionaux décider pour tous" explique-t-il dans un entretien au Figaro, publié jeudi 5 mars (cf billet suivant). Interrogé sur l'avenir de cette réforme, le chef de l'UMP croit "d'ailleurs qu'il n'est pas trop tard pour parvenir à un accord entre toutes les parties". "Quand on y regarde bien, il y a la place dans cette réforme pour un consensus", estime-t-il.

Les réactions au rapport Balladur

La Tribune du 5 mars 2009

Plusieurs élus ont réagi ce jeudi aux conclusions du rapport Balladur sur la réforme des collectivités territoriales. La proposition d'un Grand Paris réunissant Paris et sa petite couronne (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine) fait d'ores et déjà couler beaucoup d'encre.

Jean-Paul Huchon

Le Grand Paris "inapplicable en l'état", selon Jean-Paul Huchon (PS) "Il est maintenant clair que le rapport Balladur est inapplicable en l'état parce que brutal, compliqué, décalé face aux réalités de la région parisienne et n'apportant pas de réelles améliorations tangibles aux enjeux de la métropole: logement, transports, emploi, inégalités sociales et territoriales", a estimé jeudi le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. "Ce qu'il faut maintenant, c'est repartir des propositions que nous avons faites", a-t-il ajouté. Celles-ci, précise-t-il, concernent le développement de l'intercommunalité et l'approfondissement de la régionalisation, la confirmation du projet de syndicat mixte Paris Métropole, et une réforme fiscale et financière "à la hauteur des besoins d'investissements".

Le rapport Balladur va "éloigner du pouvoir les citoyens" (élus PCF)

Les députés André Chassaigne et Roland Muzeau, le sénateur Jean-François Voguet et Jean-Jacques Paris, secrétaire général de l'Association nationale des élus communistes et républicains, ont stigmatisé tour à tour dans le rapport Balladur des propositions qui "réduisent l'action publique", "portent atteinte à la démocratie locale" et "éloignent du pouvoir les citoyens". "Nous voulons plus de démocratie locale, des nouveaux droits pour les citoyens et de nouveaux moyens aux différents échelons territoriaux", a déclaré Jean-Jacques Paris, pour qui le citoyen a actuellement "prise sur ce qui se passe dans sa commune". Les élus communistes ont aussi relevé les arguments "populistes" mis en avant par le chef de l'Etat en citant sa phrase "moins d'échelons, c'est moins d'impôt" prononcée en septembre à Toulon. Ils ont annoncé une semaine nationale de mobilisation du 23 au 30 mars avec des réunions politiques, des débats et un grand rassemblement le 21 mars.

Enterrer le rapport Balladur serait "une catastrophe" pour Roger Karoutchi (UMP)

"Si ce rapport est enterré comme l'espère Jean-Paul Huchon, ce sera une catastrophe. Rien ne serait pire que le statu quo", a déclaré dans une interview au "Parisien" Roger Karoutchi, candidat à l'investiture UMP aux régionales (contre Valérie Pécresse) en Ile-de-France. Roger Karoutchi a précisé en revanche qu'il n'était pas en faveur d'une fusion de Paris avec sa petite couronne, comme le préconnise le rapport Balladur. Des élus UMP en faveur d'une proposition socialiste sur l'Île-de-France

Des élus des Hauts-de-Seine, dont son président UMP Patrick Devedjian et Jean Sarkozy, le fils du chef de l'Etat, ont annoncé jeudi leur "intérêt" pour rejoindre le futur syndicat mixte Paris-Métropole, le jour même où le comité Balladur a proposé à Nicolas Sarkozy de créer un Grand Paris, incluant les départements limitrophes. Le projet Paris Métropole a été lancé à l'initiative du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë.

Réforme territoriale : Edouard Balladur ajuste son rapport, Nicolas Sarkozy donnera ses orientations le 5 mars

Le courrier des Maires - 4 mars 2009

Le président Nicolas Sarkozy va profiter de la remise du rapport du comité Balladur le 5 mars pour présenter ses orientations sur la simplification territoriale. Une première version du rapport, présentée la semaine dernière, avait provoqué une levée de boucliers contre plusieurs propositions, comme la création d'un Grand Paris intégrant les départements limitrophes de la capitale, l'attribution de la clause de compétence générale au seul échelon communal, la suppression des cantons, l'élection commune des conseillers généraux et des conseillers régionaux, et la réduction du nombre de régions de 22 à 15. Depuis, Edouard Balladur a revu son texte, notamment pour tenir compte des remarques de l'ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, membre du comité, sur la création de métropoles régionales.

Nicolas Sarkozy pourrait renvoyer certaines propositions à plus tard, notamment la création du Grand Paris en raison de la complexité du dossier, et celle d'une collectivité unique par département d'outre-mer, alors qu'il a annoncé la tenue d'Etats généraux de l'outre-mer pour "remettre à plat l'ensemble des politiques publiques en outre-mer", a-t-on appris de source proche du dossier. D'autres propositions sont examinées à la loupe par l'Elysée, comme la suppression des cantons, une idée qui suscite le mécontentement des présidents des départements de gauche et d'une partie des présidents de droite. En revanche, d'autres mesures, comme l'achèvement de l'intercommunalité d'ici 2014, ont été bien accueillies et devraient recevoir le feu vert présidentiel.

Un texte à l'automne

Un texte pourra être présenté au Sénat dès l'automne. Les aspects budgétaires et fiscaux de la réforme seraient traités dans le cadre d'une loi de finances. Début décembre, Nicolas Sarkozy avait déjà conditionné, devant les députés UMP, un projet de loi sur la réforme des collectivités territoriales pour l'automne 2009 à l'émergence d'un "consensus suffisant". Dans le cas contraire, avait-il dit, il s'en tiendra au statu quo.

Mardi 4 mars, le Premier ministre François Fillon a assuré que rien ne se ferait "sans la volonté des collectivités locales". Le président de la République avait salué dès la semaine dernière "le travail remarquable" accompli par le comité Balladur depuis sa mise en place le 22 octobre. "Les propositions ambitieuses qui en résultent, avait affirmé l'Elysée, ouvrent de nombreuses pistes pour la réflexion que le chef de l'Etat a souhaité engager sur la simplification de l'organisation territoriale de la France et qui va désormais se poursuivre avec l'ensemble des élus". Pierre Mauroy s'était désolidarisé du comité Balladur la semaine dernière, estimant que ses travaux "cachaient une arrière-pensée politique". Avec l'autre représentant socialiste au sein du comité Balladur, le président du conseil général de l'Isère André Vallini, il a annexé au rapport ses contre-propositions sur trois sujets : - la désignation des conseillers généraux et des conseillers régionaux par une même élection à partir de 2014, - l'attribution de la clause de compétence générale au seul niveau communal, - la création du Grand Paris.

Les socialistes, qui contrôlent la majorité des départements et la quasi-totalité des régions, ont dénoncé pour leur part les propositions du comité Balladur, les qualifiant de retour en arrière ou accusant ses membres de vouloir commettre un coup politique.

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